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Bâtiment et biodiversité

Concevoir la ville et construire des bâtiments tout en favorisant la biodiversité


25-35 ans 80. 35-45 ans 90. 45-55 ans 100. 55-65 ans
Lieu : Publications
Domaines : Architecture, Ecologie,


Face à un monde toujours plus bâti, des pistes à explorer pour construire autrement

Mais, mon bon monsieur Cabet, puisque vous aimez tant la paix des champs, il faut bâtir les villes à la campagne.
(Un axiome de M. P. Leroux/A.Allais)

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« Les Effets du bon et du mauvais gouvernement »
(Allegorie ed effetti del Buono e Cattivo Governo), A. Lorenzetti, Sienne. Une muraille entre deux fresques, deux mondes en équilibre

Les limites historiques entre ville et campagne se sont estompées en peu de temps, grignotées par la périurbanisation. En 1974, Pasolini dénonçait se phénomène, si troublant pour les cadrages de films :

« La question de la forme de la ville et le problème de la sauvegarde de la nature qui entoure la ville sont un seul et unique problème. Mais toujours se pose le problème de respecter la limite entre la forme de la ville et la nature qui l’entoure. »

La création de « limites », en définissant des espaces ouverts encourage une édification plus compacte, et réduit l’étalement urbain. Si les villes compactes apparaissant auparavant comme des taches dans un espace libre, nous allons plutôt vers un continuum périurbain dans lequel les périmètres de protections sont plutôt autour des espaces naturels, qui s’insularisent. Protégés souvent comme des espaces de loisir, ce phénomène accompagne la « disneysation » et la muséification commerciale des centres-villes. (voir La città bella, Pier-Luigi Cervellati, 1991).

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croquis de l’auteur
des limites de la ville vers l’insularisation des espaces verts

Si la campagne, telle que nous l’entendons, n’existe plus, la définition de ville a également profondément changé. Pourtant nous continuons à construire souvent de la même façon. Nous continuons à bâtir la ville comme telle, mais dans un espace construit continu à densité variable, il faut trouver des nouveaux modèles de bâti.

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La Grande Moisson
Gad Weil sur les Champs-Elysées, « La Grande Moisson » (1990)
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Nature Capitale
Gad Weil sur les Champs-Elysées, 2010

A la fois en termes de projet urbain de paysage et d’architecture, la recherche doit aller vers une nouvelle continuité des espaces verts. Il est indispensable que les professionnels du bâtiment soient accompagnés par des équipes pluri-disciplinaires, et que la formation rapproche les compétences des architectes et écologues. Un « bâtiment » offre un grand potentiel de surfaces à verdir, outre sa sobriété énergétique et l’emploi de matériaux bio-sourcés.
Constructions et espaces anthropisés doivent être conçus de plus en plus comme des écosystèmes bâtis, avec un équilibre des flux (eau, déchets...). Une remise en question, à toute les échelles, est indispensable pour le développement de la biodiversité, et un encadrement normatif à étudier [1].

Il faut que les bâtiments même deviennent plus accueillants pour la flore et la faune, expérimenter des nouvelles techniques mais surtout des nouvelles typologies, avec davantage d’imbrication entre naturel et artificiel, entre intérieurs et extérieurs. Il faut encourager la créativité et la recherche selon des lignes-guide et pas se limiter à des simples obligations de performance.Le « syndrome de manque de nature » affecte de plus en plus enfants et adultes, confinés dans des espaces clos. Dans un projet il faut donner la même importance aux espaces extérieurs qu’aux intérieurs, et ne pas laisser les premiers devenir simplement ce qui reste de la parcelle une fois implantés les bâtiments.

Il faut davantage étudier le confort des espaces extérieurs, en appliquant là aussi, par exemple, les principes de bioclimatique, pour le bien-être des habitants, pour le développement de la flore et faune.
Au-delà des aspects positifs de l’agriculture urbaine qui se développe (circuit court), des bienfaits des jardins partagés, ou de la recherche dans les jardins public d’un entretien limité, ce sont les espaces véritablement naturels à qui il faut trouver une place. Si, comme disait Churchill, les occupations naturelles de l’homme sont « la guerre, et le jardinage », il faut aussi réserver des terrains où l’homme n’intervient pas. Il faudrait développer un accompagnement culturel à l’acceptation de la friche, de la clairière, du bois. [2]

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Beginbo
(« beginning », « bosco ») : Le bois comme structure de support à la croissance urbaine, Almere Master Plan, Teun Koolhas TKA, Pays-Bas

Pour introduire la biodiversité dans les projets urbains et architecturaux, il faut que les maîtrises d’œuvre ainsi que les maîtrises d’ouvrage se responsabilisent, en acquérant une vision globale des conséquences et impacts des projets sur l’environnement, proche et lointain. Cette conception ne peut voir le jour que par la mise en place d’équipes multidisciplinaires.

[1clauses à introduire dans PLU, imposition etc

[2voir le travail de F.Muratet du MNHN sur la flore en ville



v.comito,
date de publication : 11 mars 2015,
date de dernière mise à jour : 9 mars 2015


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