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Abris locaux, des Animaux et des Hommes !

Constructions animales, humaines... Et si on croisait un peu plus les idées et les domaines d’études scientifiques et techniques afin d’améliorer notre compréhension du monde ?







Il s’agit d’un article de fond visant à déboucher sur la structuration d’un projet de recherche.

 Réflexions préliminaires

La Vie, une constante adaptation

Nos constructions sous leurs différentes formes sont à l’Homme ce que sont les différentes formes créées ou utilisées par le monde vivant pour vivre ou survivre. Les constructions de manière générale, primairement, sont des outils d’adaptation d’une espèce aux conditions de vie d’un milieu. Les Habitats et les abris sont évidemment les premier de ces outils, répondant au besoin vital de se protéger du froid de l’hiver, du vent et de la pluie, des prédateurs. Se protéger des dangers climatiques du milieu et des dangers liés à la coexistence avec d’autres espèces, animales ou végétales. D’autres constructions peuvent également répondre à des besoins de stockage, de production, d’élevage... ou de reproduction.

Précarité sur Terre

L’habitat dans la nature est comme la vie, précaire par nature. Les autres espèces recourent beaucoup plus que nous autres à des habitats nomades ou temporaires, et nombreux sont ceux qui se passent de constructions. Les grands mammifères, dans leur majorité, usent d’une simple couche. Ils vivent dans une autre forme d’habitat, un biotope auquel ils se sont parfaitement adapté, sûrement choisi au départ pour ses conditions naturelles accueillantes. D’autres squattent des habitats existants, comme le Bernard Lhermitte, ou les grands mammifères qui trouvent refuge dans une grotte.

Des adaptations à l’échelle de l’espèce

Nos congénères ont mis en œuvre des stratégies d’adaptation à l’échelle de l’espèce. Ces adaptations sont dictées par la sélection naturelle et les lois de l’évolution, et disséminent des évolutions morphologiques, métaboliques, génétiques, physiques, comportementales de diverses manières... Abaissement de la température, changement du rythme journalier, vie en groupe selon les périodes, migrations, pousse du pelage, mues, circulation à contre courant, épaississement de l’épiderme, homochromie etc. sont autant d’adaptations qui ont permit aux espèces de survivre et se reproduire, en sélectionnant soigneusement les caractéristiques de chaque individu et des organisations sociales utiles à la vie.

Les comportements constructeurs des animaux

Les développement de comportements constructeurs a été, vraisemblablement, indispensable pour de nombreuses espèces. Nous pourrions ici nous poser la question de l’attribution d’une intention au comportement constructeur des animaux. Se comportent-t-ils de manière consciente ? Intelligence, instinct ? Difficile à dire ! Par contre ce qui est sûr c’est que nos amis les animaux ont développé un paquet de comportements et de techniques pour se construire des baraques et des nids d’amour incroyables ! Des pièges et des hangars de stockage aussi... ils sont sympas nos amis les animaux mais ils pensent à leur survie avant tout !

L’homme, un constructeur génial

L’être Humain est lui doté de capacités peu courantes chez les autres espèces. Il pense et construit de nombreux outils, développe techniques et méthodes. L’imagination, la capacité de création et d’innovation sont, en plus de la conscience de soi, des caractéristiques qui nous distinguent très nettement de nos congénères. La variété des constructions humaines de nos montagnes, nos vallées et nos plaines l’illustre parfaitement. Si nos capacités d’imagination et de création sont illimitées, nous les avons principalement mis au profit - depuis la révolution industrielle - du développement de solutions standardisées et industrialisables facilement, mais pas forcément adaptées à leurs différents milieux de mise en œuvre et d’utilisation. Nombreuses sont aussi les personnes qui montrent tous les jours qu’il est possible de construire des habitats sains, de qualité, parfaitement intégrés et adaptés à leur milieu et à leurs usagers !

La construction, l’affaire de tout le monde !

Si ces réponses de qualité existent elles sont aujourd’hui encore chères. Les techniques d’aujourd’hui alliées à l’utilisation de matériaux de proximité est une évidence. Cependant pour être compétitives par rapport aux autres solutions il faut un temps de structuration de toute un filière ! Les projeteurs d’enduits chaux-chanvre, les bétons de terre coulés en place produits sur une site à l’aide d’une centrale mobile (peut être bientôt à l’échelle de centrales desservant toute une zone), les panneaux ou les rouleaux de solutions à base de matériaux naturels, plus ou moins locaux selon les démarches des industriels, sont autant de solutions qui permettent de faire baisser les coûts de la construction à base de matériaux naturels. Ces démarchent permettent de baisser le temps de main d’œuvre en industrialisant une partie de la production. Les démarches actuelles visent également et surtout à optimiser les processus de gestion de projet, de la conception d’un bâtiment à son utilisation et son recyclage, de manière à regagner encore sur les temps de main d’œuvre. Une filière organisée est en train de se mettre en place et les mutations organisationnelles de cette filière seront fondamentales dans les années qui viennent. Les PME et les artisans qui survivront à ces mutations sont ceux qui auront l’intelligence collective du regroupement et du partage. Par ailleurs je ne suis pas convaincu que le taux de chômage baisse dans les années qui viennent, ni que l’on puisse maintenir notre niveau de consommation et de production actuelle. Ainsi les pratiques de l’auto construction et de l’auto rénovation se multiplieront nécessairement, avec l’utilisation de matériaux naturels et locaux, et avec l’utilisation de matériaux industrialisés. C’est d’ailleurs déjà le cas et c’est une des raisons les magasins de bricolage ouvrent maintenant le Dimanche ! Je m’écarte un peu mais pour revenir à nos moutons (dont la laine fournit un excellent isolant), il me paraît objectif que la construction concerne tout le monde, après chacun peu y participer à sa manière, ou ne pas avoir envie d’y participer, mais la construction c’est pas une affaire de « T’es pas bon à l’école, tu vas faire maçon ». Et si tout le monde s’y intéresse un peu, on s’en porterait sûrement mieux ! Comme beaucoup de choses d’ailleurs dans notre société hyper spécialisée où la réussite sociale consiste à faire un métier pour avoir assez d’argent pour faire faire tout le reste ! Il y a évidemment des gens à qui cela convient et tant mieux, ces personnes sont très positives sur notre société. Par contre il y a encore peu de place dans nos schémas organisationnels et sociaux pour des travails intéressants à temps partiels, qui nous laisseraient de construire nos maisons, rêver, jardiner, aimer... et bien d’autres choses selon les goûts et les couleurs ! Bon je me suis encore égaré je vous prie de m’excuser !
Constructions animales et constructions vernaculaires
L’observation et l’analyse des constructions animales et des constructions vernaculaires sont des champs d’observations qui restent frais à l’échelle de l’histoire des Sciences. En ce sens il reste un champ d’investigation très conséquent dans les domaines du développement de solutions techniques adaptées à leurs milieux (climat, ressources disponibles, typologies constructives initiales, etc.). Les propositions qui suivent tendent à la compilation et la production de ressources techniques et pédagogiques de manière extrêmement structurée, afin de faciliter l’analyse systémique de l’adaptation des solutions constructives à leur milieu, et aussi afin de prendre du plaisir. Croiser les idées et les domaines pour une meilleur compréhension du monde, au fond c’est aussi un peu de cela qu’il s’agit !

 Objectifs scientifiques et pédagogiques

Faciliter l’ analyse systémique de l’adaptation des solutions constructives à leur milieu, et ainsi mettre facilement en relation :

Des réponses humaines et animales données aux mêmes problèmes :
- Quelles sont les typologies constructives animales et humaines dans une zone donnée ?
- Quels constructions animales répondent aux mêmes fonctions que des produits/systèmes et procédés techniques humains ?
- Quelles typologies constructives humaines de différentes zones répondent à un même usage (immeubles, bâtiments bourgeois, fermes, granges, cabanes, abris...) ?

Des problèmes et des réponses adaptées au milieu :
- Quels sont les caractéristiques des matériaux vernaculaires d’une typologie constructive donnée ?
- Quels procédés techniques de rénovation adaptés à des typologies constructives données, et quelles ressources en matériaux dans cette zone ?

Développer des ressources pédagogiques :

Fiches pédagogiques et fiches activités qui pourront constituer des valises techniques et des malles pédagogiques qui utiles dans le cadre de projets pédagogiques à destination de différents publics.

Développer des ressources scientifiques et techniques :

A destination de tous les acteurs de la construction (usagers, architectes, bureaux d’études, entreprises, etc.), à travers des projets pédagogiques.

 Ressources scientifiques & techniques

Je propose une classification des ressources techniques à générer selon 5 types de fiches réparties en deux grands sous ensembles :

Fiches observations vernaculaires :

- Fiches construction animales
- Fiches typologies constructives -> + des fiches illustrations
- Fiches matériaux (matériaux utilisées dans la construction vernaculaire, et matériaux disponibles)

Fiches solutions :

- Fiches procédés techniques
- Fiches produits et systèmes

Il faudrait donc déterminer une liste de champs fermée pour chacune des fiches, afin de pouvoir effectuer une recherche multicritères qui permettrait d’accéder aisément aux ressources. Il faudra apporter la plus grande attention à une détermination judicieuse du format et du contenu des fiches, afin qu’elles soient exploitables et didactiques et puissent ainsi être utilisées par le plus grand nombre, ainsi qu’à la définition de champs qui soient pertinentes pour effectuer les rapprochements souhaités, et qui ne soient pas trop lourds à la saisie. A la rédaction d’une fiche, le rédacteur pourrait effectuer une sélection multiple afin de renseigner les champs considérés. Chacun des champs feraient l’objet d’une liste, elle aussi à déterminer avec attention.

Les champs de recherche communs à toutes les fiches pourraient être les suivants : Aire de répartition et Matériaux.

Il faudrait également des champ communs aux fiches solutions (procédés techniques, et fiches produits/systèmes) et aux fiches constructions animales. Ces champ pourraient désigner la fonction physique des solutions (isolation acoustique et/ou thermique, régulation hygrométrique, ventilation, refroidissement, production d’énergie, chauffage, éclairage etc.) et leur usage (abriter, piéger, amener du confort, stocker etc.). J’exclue les matériaux de cette classification car ils ne portent pas à eux seuls une fonction. C’est un système constructif, adapté à une typologie donnée, qui assure une fonction à l’aide des propriétés des matériaux le composent.

Il faudrait également traiter la question du rapprochement entre typologies constructives (humaines et animales), fonction et usage, dans une approche bioclimatique. Ici la fonction ou l’usage tels que décrite précédemment pourraient être considérés à l’échelle de la construction dans son milieu, et non à l’échelle du procédé constructif.

 Ressources pédagogiques

Seront réalisées des fiches pédagogiques et des fiches activités qui pourront faire référence aux ressources scientifiques et techniques développées.

 On s’y met ?

Je ne sais pas si le site d’Ecologis tel qu’il est actuellement peut accueillir de manière structurée le contenu décrit précédemment.
La démarche de production de ressources que je propose, dont un objectif important est de faciliter l’ analyse systémique de l’adaptation des solutions constructives à leur milieu, renvoie à des disciplines scientifiques très variées : Ethologie (étude du comportement des animaux), Ichnologie (études des traces fossiles résultant d’une activité organique), Sciences du vivant, Architecture, Sciences de l’ingénieur, Ingénierie de la construction, Géologie, Comportement des matériaux, ...
Par ailleurs les ressources générées ont vocation à être utilisées par OSI dans le cadre de ses pratiques pédagogiques, la diffusion de ses pratiques pédagogiques et de ses activités de recherche, mais aussi à mon ses des acteurs de la construction dans leur ensemble (usagers, architectes, bureaux d’études, entreprises etc.). Il est ainsi important de se baser sur un outil collaboratif structuré et puissant, qui permette l’accès aux ressources de manière simple et didactique...

Tout un programme me direz vous mais à en croire Antoine de St Exupéry, « L’avenir tu n’as pas à le prévoir, mais à le permettre »

Le programme de formation a l’air chargé ce week end mais on aura peut être l’occasion d’en discuter. Au plaisir de se rencontrer ce we et de découvrir OSI en tous cas !



Charlie URRUTIAGUER,
date de publication : 28 février 2015,
date de dernière mise à jour : 27 mars 2014


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